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Reconversion Emploi
Guides de la reconversion

Guide· 9 min de lecture

Financer sa reconversion en 2026 : CPF, PTP, période de reconversion, démission-reconversion

CPF et son reste à charge de 150 €, projet de transition professionnelle, période de reconversion, démission-reconversion, aides de France Travail : qui a droit à quoi, et comment les combiner.

Le financement de la reconversion a beaucoup bougé entre 2024 et 2026 : le reste à charge du CPF a été créé puis relevé, le bilan de compétences a été plafonné, et un nouveau dispositif, la période de reconversion, a remplacé la Pro-A et Transco. Voici l'état des règles au 15 octobre 2026, dispositif par dispositif, puis selon votre situation.

Le tableau d'ensemble

DispositifPour quiCe qu'il financeLe salaire pendant la formation
CPFtout actifune formation certifiante, un bilan, une VAE, le permisaucun (formation hors temps de travail, sauf accord de l'employeur)
Projet de transition professionnelle (PTP)salarié en CDI ou CDD avec 2 ans d'activitéune formation longue, pendant le temps de travailmaintenu à 100 %, 90 % ou 60 % selon le salaire et la durée
Période de reconversionsalarié, avec l'accord de l'employeur150 à 450 heures de formation, vers un poste interne ou externemaintenu (contrat maintenu ou suspendu selon le cas)
Démission-reconversionsalarié en CDI avec 5 ans d'activitéla perte de revenu après une démissionallocation chômage (ARE)
Aides de France Travaildemandeur d'emploiformation conventionnée ou aide individuelle à la formationallocation chômage ou rémunération de formation
Plan de développement des compétencessalariéformation à l'initiative de l'employeurmaintenu

Le CPF : le socle, avec un reste à charge de 150 €

Le compte personnel de formation est alimenté de 500 € par an pour un salarié à temps plein (800 € pour les moins qualifiés), dans la limite de 5 000 € (8 000 €). Il finance les formations inscrites au RNCP ou au Répertoire spécifique, les bilans de compétences, la VAE et le permis de conduire.

Ce qui a changé en 2026 :

  • Le reste à charge est de 150 € par formation depuis le 2 avril 2026 (décret n° 2026-234 du 30 mars 2026). Il était de 100 € en mai 2024, 102,23 € en 2025 et 103,20 € au 1er janvier 2026. Il est dû à l'inscription, même si vos droits couvrent tout le prix, et il ne peut pas être prélevé sur le compte.
  • Sont exonérés : les demandeurs d'emploi, et les salariés dont la formation reçoit un abondement de l'employeur. D'autres cas d'exonération sont cités par certains organismes (titulaires d'un PTP, d'un compte professionnel de prévention, d'une RQTH) : à vérifier sur Mon Compte Formation au moment de l'inscription.
  • Des plafonds par type d'action depuis le 26 février 2026 (décret n° 2026-127 du 24 février 2026) : 1 600 € pour un bilan de compétences, 1 500 € pour les certifications du Répertoire spécifique, 900 € pour le permis de conduire. Les droits issus d'abondements ne sont pas concernés.
  • À surveiller : le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une majoration du reste à charge pour les formations jugées non prioritaires. Le texte n'était pas adopté au 15 octobre 2026.

Quand le CPF suffit : pour un métier voisin, où il manque un outil, une habilitation ou une certification courte. Quand il ne suffit pas : pour une formation longue, où il faut aussi remplacer le salaire. C'est le rôle des trois dispositifs suivants.

Le projet de transition professionnelle : garder son salaire pendant une formation longue

Le PTP, héritier du congé individuel de formation, permet à un salarié de suivre une formation certifiante longue pendant son temps de travail, en conservant son contrat et l'essentiel de sa rémunération. Il est instruit et financé par les Transitions Pro, les commissions paritaires régionales.

Les points clés :

  • Ancienneté : 24 mois d'activité salariée, consécutifs ou non, dont 12 mois dans l'entreprise actuelle (CDI). Pour un CDD : 24 mois au cours des 5 dernières années, dont 4 mois en CDD sur les 12 derniers.
  • Demande à l'employeur : au plus tard 120 jours avant une formation de 6 mois ou plus à temps plein, 60 jours sinon. L'employeur répond sous 30 jours ; sans réponse, c'est accordé.
  • Rémunération : 100 % du salaire de référence jusqu'à 3 734,04 € par mois ; au-delà, 90 % la première année (ou les 1 200 premières heures), puis 60 %.

En 2023, près de 19 000 projets ont été pris en charge. Six mois après la formation, 92 % des bénéficiaires avaient concrétisé leur projet ou poursuivaient leur reconversion (Observatoire des Transitions Professionnelles, sortants 2024). Le détail est dans la fiche Projet de transition professionnelle.

La période de reconversion : le nouveau dispositif 2026

Créée par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 et applicable depuis le 1er février 2026, la période de reconversion remplace la Pro-A (promotion ou reconversion par alternance) et les Transitions collectives (Transco). Elle est ouverte à tout salarié, sans condition d'âge, de qualification ni d'ancienneté, mais elle suppose l'accord de l'employeur.

  • Durée : 150 à 450 heures de formation.
  • Deux formes : interne (changer de poste chez le même employeur, contrat maintenu) ou externe (préparer un poste chez un autre employeur, contrat suspendu).
  • Financement : par l'opérateur de compétences (OPCO) de l'entreprise, au forfait de 9,15 € par heure de formation à défaut d'accord de branche, avec une prise en charge moyenne de 5 000 € par période. Le CPF peut compléter.

Les textes d'application sont les décrets n° 2026-39 et 2026-40 du 28 janvier 2026, publiés au Journal officiel le 31 janvier 2026. La fiche Période de reconversion reprend les règles, et signale celles qui restent à confirmer sur les textes.

La démission-reconversion : démissionner en gardant l'assurance chômage

Depuis novembre 2019, un salarié en CDI peut démissionner pour un projet de reconversion et percevoir l'allocation chômage, à trois conditions :

  1. Cinq ans d'activité continue : 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant la démission.
  2. Un projet validé avant la démission : d'abord formalisé avec un conseiller en évolution professionnelle, puis reconnu « réel et sérieux » par la commission Transitions Pro de votre région.
  3. L'inscription à France Travail dans les six mois suivant l'attestation, et la mise en œuvre effective du projet, contrôlée six mois après l'ouverture des droits.

En 2023, 22 000 dossiers ont été acceptés. Fin 2024, 27 000 allocataires étaient indemnisés à ce titre, soit 1 % des allocataires. Sept sur dix créent une entreprise. Le dispositif, son ordre de démarches et ses pièges sont détaillés dans Démission-reconversion.

Demandeur d'emploi : ce que France Travail finance

Si vous êtes inscrit à France Travail, les règles sont différentes et souvent plus favorables :

  • Le CPF sans reste à charge : les demandeurs d'emploi sont exonérés des 150 €.
  • Les formations conventionnées par France Travail ou la Région, gratuites, avec maintien de l'allocation ou une rémunération de formation.
  • L'aide individuelle à la formation (AIF), quand aucune formation conventionnée ne correspond, en complément du CPF.
  • La préparation opérationnelle à l'emploi, quand un employeur s'engage à embaucher à l'issue.
  • L'immersion professionnelle, gratuite, pour vérifier un métier avant de se former.

Le conseiller France Travail est l'interlocuteur ; la demande doit être faite avant l'inscription en formation, jamais après.

Faire reconnaître ce que l'on sait déjà : bilan de compétences et VAE

Deux dispositifs ne financent pas une formation mais une reconnaissance. Le bilan de compétences (24 heures au plus, 1 600 € de CPF mobilisables au plus depuis février 2026) aide à choisir. La validation des acquis de l'expérience permet d'obtenir un diplôme ou un titre à partir de son expérience, via le service public France VAE (l'aide à la VAE de France Travail a été supprimée le 8 mai 2026 ; le CPF et les Régions restent). Les deux sont traités dans Bilan de compétences et VAE.

Selon votre situation, par où commencer

Vous êtesCommencez par
Salarié en CDI, formation longue nécessaire, vous voulez garder votre poste en replile PTP, dossier Transitions Pro
Salarié, votre employeur est d'accord pour un changement de postela période de reconversion, via l'OPCO
Salarié en CDI, vous voulez partir et créer ou vous former longuementla démission-reconversion, CEP d'abord
Salarié, il vous manque une certification courtele CPF, en demandant un abondement à l'employeur pour éviter les 150 €
Demandeur d'emploiFrance Travail : formation conventionnée, AIF, CPF sans reste à charge
Vous ne savez pas encore vers quoi allerle CEP, gratuit, avant tout bilan payant

Ce qu'aucun dispositif ne finance

Tous ces dispositifs financent l'exploration, la formation et l'immersion. Aucun n'est fléché sur l'étape suivante, celle où l'on cherche le premier poste. Or c'est là que la reconversion se mesure : d'après le testing de la Dares (2025), un candidat en reconversion est rappelé deux fois moins qu'un candidat formé au métier, et une formation de quelques jours n'y change rien. Cette étape est traitée dans Reconversion : pourquoi on vous rappelle moins.

Questions fréquentes

Le reste à charge de 150 € s'applique-t-il au bilan de compétences ? Oui, sauf exonération (demandeur d'emploi, abondement de l'employeur). Il s'ajoute au plafond de 1 600 € mobilisables.

Peut-on cumuler CPF et PTP ? Le PTP est financé par Transitions Pro, et le CPF du bénéficiaire peut être mobilisé pour le coût pédagogique. Les Transitions Pro le précisent au moment de l'instruction.

Faut-il l'accord de l'employeur pour la période de reconversion ? Oui. C'est la différence principale avec le PTP, qui est à l'initiative du salarié et que l'employeur ne peut que reporter, pas refuser.

Peut-on toucher le chômage après une démission sans passer par Transitions Pro ? Non, sauf cas de démission légitime (suivi de conjoint, par exemple). Sans l'attestation de la commission, la démission n'ouvre pas droit à l'ARE.

Sources

Wissem Khenissi · chiffres vérifiés le 15 octobre 2026, avec leurs sources ci-dessus.

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