Créer ou reprendre une entreprise· 8 min de lecture
Reprendre une entreprise plutôt que la créer
Des milliers de dirigeants partent à la retraite chaque année sans repreneur. Reprendre, c'est acheter des clients et un savoir-faire plutôt que partir de zéro. Où trouver une entreprise, comment l'évaluer, comment la financer.
Créer une entreprise, c'est partir de zéro : trouver ses premiers clients, construire sa réputation, apprendre en avançant. Reprendre, c'est acheter une activité qui tourne déjà : des clients, un savoir-faire, parfois des salariés et un emplacement. C'est plus cher au départ, mais souvent moins risqué. Et c'est une voie sous-estimée en reconversion.
Ce que disent les chiffres
- Le ministère de l'Économie estime à 500 000 le nombre d'entreprises susceptibles d'être cédées dans les dix prochaines années du fait du départ à la retraite de leur dirigeant.
- Dans l'artisanat, les chambres de métiers estiment qu'entre 30 000 et 40 000 entreprises sont à reprendre chaque année.
- Une étude de Bpifrance Le Lab, menée avec CMA France et CCI France, évalue à 370 000 le nombre de TPE, PME et entreprises de taille intermédiaire à transmettre à l'horizon 2030.
Beaucoup de ces entreprises ferment faute de repreneur. Pour une personne en reconversion, c'est une occasion : un métier, une clientèle et parfois un cédant prêt à transmettre son savoir-faire.
Les étapes d'une reprise
- Définir ce que vous cherchez : secteur, taille, zone géographique, budget. Une reprise réussie repose souvent sur un lien avec votre expérience : un commercial reprend une entreprise de distribution, une comptable une entreprise de services aux entreprises.
- Trouver des entreprises à céder : les bourses d'opportunités des chambres de commerce et des chambres de métiers (dont Transentreprise), les experts-comptables, les notaires, les réseaux professionnels du secteur. Beaucoup de cessions se font sans annonce publique.
- Évaluer l'entreprise : comptes des trois dernières années, dépendance à quelques clients ou au cédant lui-même, état du matériel, situation des salariés, bail commercial. Faites-vous aider par un expert-comptable.
- Négocier : le prix, mais aussi l'accompagnement par le cédant après la reprise, qui vaut parfois autant que le prix.
- Financer : apport personnel, prêt bancaire, prêts d'honneur, garanties de Bpifrance.
- Signer, avec un avocat ou un notaire : rachat du fonds de commerce, ou rachat des parts de la société.
Le métier, avant l'entreprise
Une reprise oblige à exercer le métier tout de suite. Dans l'artisanat, certaines activités exigent une qualification : un diplôme du métier ou trois ans d'expérience, ou à défaut la présence d'une personne qualifiée. C'est le cas du bâtiment, de la boulangerie, de la boucherie ou de la réparation automobile. Voir quitter le bureau pour l'artisanat et devenir boulanger.
Si vous n'avez pas le métier, plusieurs solutions : reprendre en gardant un salarié qualifié, négocier une période de travail aux côtés du cédant, ou vous former avant, par exemple avec un projet de transition professionnelle.
Les aides à la reprise
Les aides de la création valent pour la reprise :
- l'ACRE, l'exonération partielle de cotisations au démarrage ;
- l'ARCE ou le maintien de l'allocation chômage, si vous êtes demandeur d'emploi ;
- le congé pour création ou reprise d'entreprise, si vous êtes salarié ;
- les prêts d'honneur d'Initiative France et de Réseau Entreprendre, qui ont des programmes propres à la reprise ;
- les garanties de Bpifrance sur les prêts bancaires.
Elles sont détaillées dans les aides à la création d'entreprise.
Les pièges classiques
- Une entreprise qui repose entièrement sur le cédant : ses clients le suivent, pas l'enseigne. Négociez un accompagnement et une clause de non-concurrence.
- Un prix calculé sur un bon exercice isolé, plutôt que sur plusieurs années.
- Un bail commercial qui arrive à échéance, ou un local qui demande des travaux.
- Du matériel à remplacer dès la première année.
- Sous-estimer le besoin de trésorerie des premiers mois.
Questions fréquentes
Où trouver une entreprise à reprendre ? Dans les bourses d'opportunités des chambres de commerce et de métiers, auprès des experts-comptables et des notaires, et dans les réseaux professionnels du secteur. Beaucoup de cessions se font sans annonce publique.
Les aides à la création s'appliquent-elles à la reprise ? Oui : l'ACRE, l'ARCE ou le maintien de l'allocation chômage, le congé pour création ou reprise d'entreprise et les prêts d'honneur concernent aussi les repreneurs.
Faut-il connaître le métier pour reprendre une entreprise ? Pour certaines activités artisanales, une qualification est exigée : un diplôme du métier, trois ans d'expérience, ou la présence d'une personne qualifiée. Pour les autres, c'est fortement conseillé.
Sources
- Ministère de l'Économie, « Objectif reprises : un plan d'action pour faciliter la transmission-reprise des entreprises », avril 2026 (economie.gouv.fr).
- CMA France, dossier transmission-reprise, janvier 2026 (PDF).
- Banque des Territoires, « Plus de 500 000 entreprises à reprendre dans les dix ans » (banquedesterritoires.fr).
- Transentreprise, bourse d'opportunités des CCI et des CMA (PDF).