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Reconversion Emploi

Créer ou reprendre une entreprise· 9 min de lecture

Créer son entreprise en reconversion : les façons de se lancer

Micro-entreprise, société, reprise, franchise, ou test avant de se lancer : l'entrepreneuriat est la première voie des reconversions financées par la démission. Les options, ce qu'elles engagent, et ce que disent les chiffres de survie.

Pour beaucoup, se reconvertir, c'est se mettre à son compte. Parmi les salariés qui démissionnent pour un projet validé par Transitions Pro, sept sur dix créent une entreprise, selon l'Unédic. Et en 2025, la France a battu un nouveau record de créations : 1 165 800, selon l'Insee.

Mais créer n'est qu'une des façons d'entreprendre, et pas toujours la moins risquée. Ce guide passe en revue les options, ce qu'elles engagent, et les chiffres qui permettent de choisir lucidement. Les aides financières sont détaillées dans les aides à la création d'entreprise, et les façons de tester sans tout quitter dans tester son projet avant de se lancer.

Ce que disent les chiffres

RepèreChiffre
Créations d'entreprises en France en 20251 165 800, un record
Part des micro-entrepreneurs dans ces créations65 %
Micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 encore actifs sous ce régime cinq ans après28 %
Parmi ceux qui avaient réellement démarré39 %
Entreprises individuelles classiques créées en 2018, encore actives cinq ans après63 %
Sociétés créées en 2018, encore actives cinq ans après71 %

Deux lectures. D'abord, la micro-entreprise est la porte d'entrée la plus fréquente, et la plus fragile : beaucoup s'immatriculent sans jamais vraiment démarrer, ou arrêtent vite. Ensuite, une entreprise qui a démarré avec un projet construit tient le plus souvent : sept sociétés sur dix sont encore là cinq ans après.

Option 1 : la micro-entreprise

C'est le régime le plus simple : une inscription en ligne, des cotisations calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, une comptabilité allégée.

  • Les plafonds de chiffre d'affaires ont été relevés pour 2026 à 2028 : 203 100 € pour la vente et l'hébergement, 83 600 € pour les services et les professions libérales.
  • La TVA : en dessous de 85 000 € de ventes ou de 37 500 € de services, vous ne la facturez pas. Attention à ne pas confondre ce seuil avec le plafond du régime : un prestataire peut devoir facturer la TVA tout en restant micro-entrepreneur.
  • La limite : on ne déduit aucune charge réelle. Si votre activité demande des achats ou des investissements importants, le régime devient vite défavorable.

C'est souvent le bon choix pour tester une activité de services sans investissement, ou pour démarrer à côté d'un emploi.

Option 2 : l'entreprise individuelle ou la société

Dès que l'activité demande des investissements, des locaux, des associés ou des salariés, on regarde l'entreprise individuelle au régime réel, ou une société (SASU, EURL, SAS, SARL).

  • Le patrimoine : depuis 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est séparé par défaut de son patrimoine professionnel. La société reste utile pour s'associer, lever des fonds ou transmettre.
  • La protection sociale diffère selon le statut du dirigeant : assimilé salarié en SAS ou SASU, travailleur non salarié en EURL ou SARL avec un gérant majoritaire. C'est un choix qui se fait avec un expert-comptable, chiffres en main.

Option 3 : reprendre une entreprise existante

Reprendre plutôt que créer, c'est acheter des clients, un savoir-faire et parfois des salariés. C'est une voie sous-estimée en reconversion, alors que de nombreux dirigeants partent à la retraite sans repreneur. Elle est détaillée dans reprendre une entreprise en reconversion.

Option 4 : la franchise

La franchise permet de lancer une activité sous une enseigne connue, avec une méthode et une formation fournies par le franchiseur, contre un droit d'entrée et des redevances. Le franchiseur doit vous remettre un document d'information précontractuelle et le projet de contrat au moins vingt jours avant la signature (article L. 330-3 du code de commerce). Lisez-le avec un avocat ou un expert-comptable, et appelez des franchisés du réseau, y compris d'anciens.

Option 5 : tester avant de se lancer

Il est possible d'exercer son futur métier d'indépendant sans créer d'entreprise : en portage salarial, dans une coopérative d'activité et d'emploi, ou en couveuse. On facture de vrais clients, on garde une protection sociale, et l'on décide ensuite. Ces voies sont détaillées dans tester son projet avant de se lancer.

Les étapes, dans l'ordre

  1. Vérifier que le marché existe : des clients prêts à payer, pas seulement de l'intérêt.
  2. Vérifier les règles du métier : certaines activités exigent une qualification pour s'installer (bâtiment, boulangerie, coiffure…). Voir quitter le bureau pour l'artisanat.
  3. Se faire accompagner : chambres de commerce et d'industrie, chambres de métiers, réseaux comme BGE ou l'Adie, et le conseil en évolution professionnelle pour articuler le projet avec votre reconversion.
  4. Construire le financement : apport, aides, prêt d'honneur, prêt bancaire. Voir les aides à la création d'entreprise.
  5. Choisir le statut en dernier, une fois l'activité et les chiffres connus.
  6. Sécuriser le revenu de transition : la démission-reconversion permet de quitter un CDI en touchant l'allocation chômage, si le projet est validé avant la démission.

Questions fréquentes

Faut-il démissionner pour créer son entreprise ? Non. On peut créer à côté de son emploi, sous réserve de loyauté envers l'employeur, ou demander un congé pour création d'entreprise. La démission-reconversion permet aussi de partir avec l'allocation chômage si le projet est validé avant.

Micro-entreprise ou société : que choisir ? La micro-entreprise convient pour tester une activité de services sans investissement. Dès qu'il y a des achats, des investissements ou des associés, l'entreprise au régime réel ou la société devient plus adaptée. Le choix se fait avec un expert-comptable, chiffres en main.

Combien d'entreprises survivent après cinq ans ? Selon l'Insee, 71 % des sociétés et 63 % des entreprises individuelles classiques créées en 2018 étaient encore actives cinq ans après. Pour les micro-entrepreneurs qui avaient réellement démarré, la proportion est de 39 %.

Sources

  • Insee, Insee Première n° 2092, « Créations d'entreprises en 2025 », janvier 2026 (insee.fr).
  • Insee, Insee Première n° 2069 et n° 2070, pérennité des entreprises créées en 2018, septembre 2025 (insee.fr, insee.fr).
  • Plafonds de la micro-entreprise 2026-2028 et seuils de franchise de TVA : Urssaf et administration fiscale, repris par la presse spécialisée (Propulse by CA).
  • Unédic, démission-reconversion, 2024 (Unédic).
  • Code de commerce, article L. 330-3, issu de la loi Doubin du 31 décembre 1989, information précontractuelle en franchise ; présentation par Toute la franchise (toute-la-franchise.com).

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